Le schéma régional des carrières de Normandie (SRC) : à Muids, une participation massive, des arguments précis, répétés… et ignorés par l'arrêté préfectoral du 9 janvier 2026


Lors de la consultation du public sur le Schéma régional des carrières (SRC) de Normandie, menée du 25 septembre au 25 octobre 2025, la commune de Muids s’est distinguée par une mobilisation forte, argumentée et cohérente. La synthèse officielle fait état pour la région de 355 contributeurs et 893 avis, dont 92 % défavorables au projet . Muids figure parmi les territoires les plus fréquemment cités dans les contributions.

Les arguments portés par les habitants, les associations locales et les élus de Muids reviennent de manière constante tout au long du dossier. Ils concernent d’abord les effets cumulés des carrières et installations existantes dans la boucle de la Seine. Les contributeurs soulignent que le territoire est déjà fortement artificialisé et supporte depuis des décennies une concentration d’activités extractives et de stockage, sans que les impacts passés aient fait l’objet d’un bilan environnemental et sanitaire sérieux .

Un deuxième argument central concerne la ressource en eau. Les contributions de Muids alertent sur les risques pesant sur la nappe phréatique, l’alimentation en eau potable et les milieux aquatiques de la vallée. Elles dénoncent l’absence de garanties opérationnelles dans le SRC et le fait que l’atlas cartographique, établi à une échelle trop large, ne prend pas en compte les spécificités hydrogéologiques locales .

Les contributeurs de Muids insistent également sur la saturation du territoire et l’injustice territoriale. Ils soulignent que les boucles de Seine concentrent carrières, déchets et nuisances, tandis que d’autres secteurs régionaux sont relativement épargnés. Cette répartition est perçue comme déséquilibrée et contraire aux principes de gestion partagée de l’espace pourtant affichés dans le SRC .

Un autre point récurrent porte sur la déconnexion entre le SRC et les documents d’urbanisme locaux. Les contributions dénoncent le fait que le schéma régional identifie des gisements d’intérêt régional (GIR) sans respecter l’esprit du PLU et sans intégrer les choix d’aménagement locaux, ce qui fragilise la capacité des communes comme Muids à maîtriser leur développement .

Enfin, les habitants et élus de Muids critiquent la méthode même de la consultation : documents jugés excessivement techniques et volumineux, consultation exclusivement dématérialisée, sentiment que les avis défavorables des communes et des riverains n’ont pas pesé face aux orientations déjà arrêtées et l'arrêté préfectoral du 9 janvier 2026 en est l'illustration.

Malgré la répétition et la cohérence de ces arguments, aucune modification substantielle du schéma n’a été apportée. Dans la décision administrative finale, la DREAL répond de manière générale que le SRC n’est qu’un document de planification, qu’il ne crée pas de droit et qu’il ne constitue pas l’échelle pertinente pour traiter les situations locales . Cette réponse standardisée revient, dans les faits, à écarter l’ensemble des arguments portés par Muids, pourtant solidement étayés.

L’arrêté préfectoral d’approbation signé par le préfet de Région ce 9 janvier 2026 affirme avoir pris en compte les observations du public . Mais pour Muids, comme pour d’autres communes de la vallée de la Seine, la lecture des documents officiels laisse apparaître un écart manifeste entre la richesse des contributions et leur traduction réelle dans la décision finale.




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